Seul l'amour guérit

Les constellations familiales nous amènent  à regarder ce que nous ne voulons pas voir, à entrer en relation avec ce que nous rejetons ou jugeons et ainsi à prendre notre juste place au sein de notre système familial —ou de tout autre système, comme une entreprise, une association, un groupe spirituel ou religieux, etc.

 

"Ce que tu nies te soumet, ce que tu acceptes te transforme."      
Carl Gustav Jung

 

Les constellations renversent le plus souvent la vision que nous nous sommes construite de notre histoire ou de la situation évoquée.

Il suffit de rester présent et de regarder ce qui se passe pour que notre perception qui était restreinte à notre propre souffrance s'élargisse. 

Le travail consiste essentiellement à découvrir, écouter le champ qui se crée et se laisser toucher par ce qui se montre, l'accepter sans jugement.   

C’est en  restant en contact avec notre corps — en relation avec le corps des autres— avec nos sensations et nos émotions, en suivant le mouvement qui surgit, que nous ouvrons un chemin nouveau.

En constellation, plus nous nous servons de notre mental pour essayer de comprendre, plus notre « âme » se retire. 


"En constellation familiale, nous ne cherchons pas la solution; nous cherchons le mouvement d'âme décisif. Quand celui-ci s'est mis en route, nous pouvons calmement abandonner le client à son âme."

Bert Hellinger.
 
Le constellateur est au service non pas seulement de la personne qui pose sa demande mais de tout son système familial. 

C'est une psychologie du "nous", pas une psychologie du "moi".
Les constellations familiales n'ont pas pour but de remplacer les psychothérapies.

Elles leur sont un complément.
Elles constituent un acte spirituel qui mène au pardon, à une réconciliation profonde avec les autres, nous-mêmes et notre histoire. 
Il arrive qu'une constellation conduise d'emblée à une résolution heureuse. Il faut néanmoins parfois beaucoup de constellations et de travail  psychologique personnel pour renouer les liens familiaux interrompus et pour négocier "la fin de la plainte" vis à vis de ses parents. Peu importe; ce qui compte, c'est le pas effectué. Le plus souvent, un espace s'est ouvert et le travail va se poursuivre au sein de cet espace dans les jours, les semaines, qui suivent.
Les mouvements de "l'âme", de notre être profond, sont lents et il nous faut respecter cette lenteur. Quand des mouvements sont trop rapides, il s'agit de mouvements de l'ego, de notre volonté propre, et le constellateur doit les arrêter.

 

"Quand quelqu'un s'arrête en chemin , qu'il ne veut plus avancer, il ne s'agit pas d'un manque de connaissance ou de savoir. Il cherche de la sécurité alors qu'il lui faudrait du courage; il veut la liberté alors que le seul chemin possible ne lui laisse pas de choix. Ainsi , il tourne en rond."

Bert Hellinger

Les trois grandes règles ou principes de l'ordre 

Les Constellations familiales ont mis en lumière trois grandes règles, trois principes d'ordre qui régissent tout système : 

 

1 - La règle de l'appartenance : toute personne a sa place dans son système familial. Le système a besoin d'être complet. Si quelqu’un est exclu ou rejeté, alors un descendant sera amené à le représenter afin de le rappeler à la conscience familiale. 

 

2 - La règle de la préséance : nous arrivons sur terre suivant un ordre d'apparition. Pour préserver l'harmonie du système chacun doit rester à sa place. Toute personne qui occupe la place d'un(e) autre, quelle que soit l'intention, crée un désordre. Le système est perturbé, en dysharmonie. 

 

3 - La règle de l'équilibre : chaque membre du système doit trouver un équilibre entre donner et recevoir. C'est la base de la loi d'échange qui maintient la société en équilibre. Celui qui donne trop se donne souvent plus de pouvoir ce qui est à l'origine d'un déséquilibre. 

 

"Le respect de l'ordre de préséance est un mouvement de paix." 

Bert Hellinger

illustration: Le Cantique des cantiques, de Marc Chagall

Le respect dû aux ancêtres


"On commence par vouloir "changer" ses parents…
Au lieu de se contenter de les respecter, c'est-à-dire leur laisser le poids qu'ils ont. Refuser ce "respect", c'est porter le poids de leur manque et vivre pour leur compte. Il ne s'agit pas de s'incliner devant eux, mais de les considérer comme responsables de ce qu'ils font; de leur accorder le droit à leur histoire, à leurs "bêtises"… Souvent, l'enfant s'improvise thérapeute, sauveur ou vengeur de ses parents. S'il reste  dans cette posture, il devient le symptôme de ses parents. S'il peut s'en dégager, il a du jeu."

(extrait d'une interview du psychanalyste Daniel Sibony dans l'Événement du jeudi, 29 avril 1993)

dessin de Marianne Herjean

Les  trois dimensions de la conscience

« Nous faisons tous partie d'une âme commune. Nous sommes reliés les uns aux autres et au Tout. C'est la Grande Âme, nous y partageons les connaissances. »

Bert Hellinger

       

La conscience personnelle (celle qui se considère libre de faire des choix) agit en fonction de son sentiment d'innocence et/ou de culpabilité par rapport à son système de référence.

La conscience collective inconsciente, de son côté, se trouve uniquement au service du champ familial, qui englobe tous les membres de la famille, les morts et les vivants. Elle veille sur l'intégrité du système selon les principes d'ordre (les trois grandes règles) et ne craint pas de sanctionner un descendant pour compenser un déséquilibre qui perturbe le champ.

Tant que nous somme soumis à l'inconscient familial, nous ne sommes pas libres mais conditionnés par l'histoire de nos ancêtres qui marque notre chemin de vie.

La Grande Âme ou conscience universelle, elle, est à la fois amour et connaissance. Les constellations permettent d'aller au-delà de la conscience personnelle, de transcender les exigences du champ familial —tout en le respectant— et de se laisser guider par la Grande Âme.

 

"Avec le mouvement de l'âme on va au-delà des exigences de la conscience personnelle et au-delà des exigences de la conscience collective".

Bert Hellinger

illustration: L'Arbre de vie, de Gustav Klimt

Comment se déroule une constellation familiale spirituelle

Celui qui fait sa constellation pose sa demande initiale avec l'aide du constellateur. Celui-ci n'a pas besoin de beaucoup d'informations. 

La problématique présentée peut être d'ordre professionnel, amoureux,  concerner la santé…  Tous les sujets peuvent être abordés en constellations. 

Cependant la problématique doit vraiment affecter le quotidien de la personne. Une demande motivée par une simple curiosité n’aboutira pas. 

Le constellateur invite ensuite la personne à choisir  un représentant pour lui-même et des représentants de membres de sa famille (ou son patron, ou sa maladie etc.) parmi l'assemblée. Une personne choisie est toujours libre de refuser. 

Les représentants se placent dans l’espace central puis se laissent guider par les mouvements lents qui s'inscrivent en eux.
La constellation se déroule presque intégralement dans le silence. On fait confiance au champ qui se crée. Les représentants demeurent centrés et disponibles. Il leur est demandé de ne bouger que si un besoin réel se manifeste.
Ils  ne parlent pas afin d'éviter toute interférence du mental.

Des liens invisibles deviennent alors visibles, des intrications se montrent; des oubliés, des exclus se manifestent.

 Le constellateur se laisse guider par la Force que Bert Hellinger nomme "La Grande Âme". 
Il n' intervient que lorsqu'il juge que la situation est bloquée, pour faire rentrer un autre personnage ou pour faire prononcer des phrases réparatrices, dans le respect des principes d'ordre qui régissent tout système familial.
Il peut parfois demander à un représentant un éclaircissement sur ce que ce dernier ressent.

A un moment ou à un autre il fait rentrer dans le champ la personne qui constelle —parfois dès le début.
Lorsque la constellation prend fin, chacun remercie et retourne à sa place. 

Il est préférable de s'abstenir ensuite de toute interprétation, de toute analyse. Le travail continue dans le coeur de chacun. 

Chacun est participant d'une manière ou d'une autre. Il est fréquent que des personnes observatrices traitent un problème personnel à travers la constellation d'un(e) autre.

NB: La façon dont je conduis les constellations est conforme aux derniers enseignements de Bert Hellinger (voir ci-dessous); ce qui n'est pas le cas de nombreux constellateurs qui sont demeurés fidèles à la façon dont Bert Hellinger pratiquait il y a vingt ou trente ans.

La juste attitude du constellateur
selon Bert Hellinger

"En la Grande âme, nous sommes reliés les uns aux autres et au tout, et nous y partageons les connaissances. C'est de là que provient notre savoir.
Ce savoir fait surface dans les constellations familiales. Il se présente aux participants et surtout au thérapeute s'il est capable de l'accepter. C'est l'aspect le plus important. Si le thérapeute reste prisonnier de la conviction selon laquelle la connaissance ne se transmet que par la communication, s'il lui faut longuement interroger toutes les personnes impliquées avant de pouvoir agir, il perd le contact avec la Grande Âme.
C'est pourquoi il renonce dès le départ à poser de nombreuses questions; il reçoit les informations dont il a besoin en entrant dans le champ énergétique. Ce travail exige donc qu'il modifie en profondeur sa façon de penser.
Si le thérapeute persiste à recueillir au préalable toutes les informations en posant des questions avant de déterminer la marche à suivre, il perturbe le champ énergétique dans lequel il se trouve. Les participants ne seront alors plus en mesure de lui transmettre toute la vérité de ce qu'ils perçoivent. L'essentiel est donc que le thérapeute se retienne, se mette au diapason par rapport à une dimension plus vaste, fasse confiance à la Grande Âme, se laisse guider et soit à tel point impliqué dans le cours des événements que peu à peu les réalités sous-jacentes remontent à la surface.
C'est aussi pourquoi le thérapeute ignore quel sera le résultat final. Il suit pas à pas le déroulement de la constellation. Parfois, ce sont de très grands pas, qui peuvent l'effrayer, par exemple parce que le client pourrait vraiment mourir. Le thérapeute ne doit éprouver aucune peur.
S'il suit entièrement le mouvement, un revirement peut se produire et apporter une solution. Mais ce n'est possible que si le thérapeute est entièrement au diapason de ce mouvement sans le freiner. Il ne faut pas, par exemple, l'interrompre par pitié en pensant: "Essayons tout de même de trouver une bonne solution", alors qu'il n'y en a pas. C'est comme vouloir négocier en ignorant une partie de la vérité.
En travaillant de cette façon, le thérapeute renonce à diriger. Il s'inscrit dans un contexte plus vaste et se met au diapason des membres de la famille avec laquelle il travaille (…)
Il parvient à cette harmonie par le fait de renoncer à un but personnel, y compris celui de guérir ou de modifier le cours du destin. Il accepte ce qui se révèle et ce qui se passe sans poursuivre la moindre intention, sans éprouver la moindre crainte (…)
A cet effet, le thérapeute doit se départir de toute intention et de toute idée de pouvoir. C'est un processus empreint d'humilité (…)
L'attitude du thérapeute n'a rien à voir ici avec une thérapie usuelle et son contrôle des résultats, dont l'objectif est de mesurer la réussite thérapeutique, où l'on réfléchit au choix de la méthode appropriée pour obtenir l'effet désiré. En constellations familiales, le thérapeute adopte le comportement inverse. Si le client retombe dans son ancien destin, il y consent. Et cela n'a rien à voir avec ses qualité de thérapeute. Il est en accord avec le résultat, quel qu'il soit. Il ne sait pas si le destin de son client n'est pas, malgré tout, le plus approprié, que celui-ci l'ait choisi librement ou qu'il s'y soumette. Chaque destin a sa grandeur cachée, c'est pourquoi le thérapeute ne prétend pas en juger. Il ne cherche pas à déterminer si un destin est néfaste ou bénéfique.
Pour y parvenir, le thérapeute se retire du monde phénoménal et de sa diversité, il se retire des connaissances et du savoir. Il ne lui reste que le vide qui est au centre de tout. Plus les circonstances sont dramatiques, lorsqu'il est question de vie ou de mort, plus le thérapeute doit se recueillir dans cet espace vide. Mieux il en sera capable, plus ses paroles auront de poids. Ce qu'il puise dans ce. centre a un effet immédiat, car c'est en accord avec les forces qui nous portent.
(…) Par son ouverture à la méthode et par la pratique, le thérapeute est porté vers le centre, vers le vide qui a pour lui un effet purifiant et enrichissant. Il est dépourvu d'intentions et de craintes, en harmonie avec l'éphémère et en accord avec la mort. Elle ne l'effraie pas. Pour lui, la vie n'est pas ce qu'il y a de plus grand, elle ne constitue qu'une partie de l'être, de cette dimension plus vaste dont elle émane pour y retourner plus tard. Il est en concordance avec l'être et peut alors travailler.
"

A la découverte des constellations familiales,  Bert Hellinger, Jouvence éditions, pages 266-268